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Cinquième texte en lice

Voici le texte numéro 5 du premier test sur les séries. Ce texte est l’introduction d’un potentiel pilote de série. Prenez le temps de le lire et éventuellement de nous faire des remarques. Nous vous proposerons bientôt de voter pour plusieurs introductions potentielles.

Circo_Ambulante

 

 

Mandragora (froid) : Tu es un farceur sans humour, évêque ! Envoyer des hommes-chats me croquer dans cette souricière…

Gentillet (nasillard) : Jetez votre épée, Mandragora ! Votre masque d’Arlequin est tombé !

Mandragora : Venez combattre avec ces créatures au lieu de bavarder ! Vous n’avez pas emmené votre marionnettiste cette fois ?

Gentillet : Les Louros aiment jouer avec leur proie, sans que les humains s’en mêlent.

Mandragora : A bon chat, bon rat ! Je suis l’Arlequin. Je vais jouer aussi !

Gentillet : Il faudrait que vous parveniez à dégainer votre épée. On vous a laissé celle du Capitan !

Le comédien tente de dégainer son épée. Elle ne sort pas de sa garde. Face à lui, les Louros, sortes de chats bottés, tournent en ronronnant. Le comédien réessaye de sortir la lame, envoie son ventre devant, ses fesses derrière, fait une roulade. Il pourrait partir. Un des Louros le devance. Les deux autres attaquent. Mandragora esquive, pare avec sa fausse rapière.

Gentillet : Les années ont fait de vous un véritable comédien ! Vous interprétez votre rôle à merveille. Je salue votre dextérité ! Il y a si peu de bons Arlequins, même à Fiore.

Mandragora : C’est que je n’interprète pas. Je suis l’Arlequin ! Vous, par contre, vous interprétez le rôle d’un évêque, sans magie, ni charité. Au théâtre, vous seriez Pantalon !

Gentillet : Suffit ! La magie ne fait pas le moine. Rendez-v…

Mandragora : Vous avez un chat dans la gorge ?

L’évêque recule en constatant qu’il n’y a plus un Louros debout. Profitant de la discussion, Mandragora a donné sa rapière à un chat qui, avant d’avoir compris, est mort tué par sa lame, subtilisée par le comédien. Le second, Mandragora l’a attrapé par la queue, l’a lancé dans les pattes du dernier avant de l’embrocher. Quant au dernier, il n’a pas eu le temps de miauler. Le chat attaque, Mandragora le touche. « Cette nuit, tous les chats sont morts ! A vous!» triomphe le comédien en poussant du pied une épée vers l’évêque. Gentillet déglutit.

Gentillet : J’exècre la violence.

Mandragora : Vous aimez la violence. Vous faites assassiner vos ennemis par votre marionnettiste. Vous faites piller les villes qui vous résistent. Que venez-vous faire ici en Laudalie ? Profiter des derniers jours du duc, pour le livrer à la rapine ?

Gentillet : Je suis un homme de prière, comment pourrais-je accepter cela ?

Mandragora : Vous côtoyez un prêtre défroqué.

Gentillet : Vous voilà bien moral, Mandragora. N’est-ce pas vous l’assassin ?

Mandragora : Votre neveu essayait de me tuer. Votre marionnetiste commet l’abominable. C’est un vil lâche, un parjure qui use du don de Dieu.

Gentillet : Il est surtout susceptible.

Mandragora : Mais il n’est pas là !

En prononçant ces mots, Mandragora a l’impression qu’une limace lèche son cerveau et l’oblige à lâcher son épée. Son bras se lève et se tord. Le marionnettiste est là, tapi dans l’ombre ! Il oblige le comédien à se contorsionner. « Je ne crierai pas », souffle Mandragora. Sa langue se tord. Sa mâchoire lui mord la langue. Le comédien s’effondre, les bras et les jambes écartés. Il ne peut plus bouger.

« Mandragora, assène l’évêque, vous voici impuissant tel un valet pris le gâteau à la bouche. Vous souffrez ? Vous vous demandez qui vous a trahi ? Vous craignez de mourir dans cette basse-fosse ? Rassurez-vous, je veux juste vous inviter au théâtre! »

illustration: Paul Klee « Cirque ambulant », 1940, musée d’Art de Sao Paulo.

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15 Comments

  1. Sophie Sophie

    Si je savais à quoi on assiste, si j’avais « tout compris », je ne voterais pas pour cette intro. Le genre de la nouvelle nécessite une part d’incompréhension au début, et parfois c’est même la chute qui révèle tout. A mon sens le rôle de ces quelques lignes est de donner envie d’aller plus loin pour justement comprendre le contexte. Je dis cela en contre-pied des précédents commentaires. Mis à part quelques maladresses dans l’écriture cette entrée en matière qui brouille les pistes et joue avec les époques aussi bien qu’avec les genres me plait. Et merci pour avoir ravivé mes souvenirs de « De cape et de crocs ».

    • Nicolas BONIN Nicolas BONIN

      Merci pour vos remarques, n’hésitez pas à nous dire quelles sont les maladresses que vous percevez.

  2. Philbert P. Philbert P.

    Je l’ai lu plusieurs fois. C’est vraiment celui que je préfère.
    J’ai fait comme Lucien, je l’ai lu à mes filles avec l’espoir d’une jolie séance de « Et ça, ça veut dire quoi? Et pourquoi dit il ceci ? » J’adore !!
    Bien amicalement,
    Philbert

    • Nicolas BONIN Nicolas BONIN

      Merci Philbert!

  3. Philippe Mesmin Philippe Mesmin

    Confusion. On n’est ni dans la fantasy, ni dans une pièce, ni dans une fable. Un peu des 3 mais alors pour dire quoi ? Juste le plaisir de dėrouler une joute entre personnages pittoresques ?

    • Nicolas BONIN Nicolas BONIN

      Bien vu, un peu de fantasy, un peu de Renaissance, un peu de théâtre… un peu trop sans doute. Merci pour le retour.

  4. Amibe Amibe

    Gros problème de situation sur ce texte.

    On ne connaît pas les enjeux, on ne sait pas qui sont les personnages => on ne peut pas entrer dans le texte.

    Un QQOQCCP journalistique l’indiquerait.
    l’Amibe

  5. Laurence Laurence

    J’ai pas compris !

    • Nicolas BONIN Nicolas BONIN

      OK! Merci du retour.

  6. Françoise Françoise

    Euh, je n’ai pas terminé le texte.

    • Nicolas BONIN Nicolas BONIN

      OK!

  7. Noro Noro

    J’ai été un peu larguée sincèrement ! J’ai lu deux dois et demi mais il y a trop de subtilités qui m’échappent !

    • Nicolas BONIN Nicolas BONIN

      Merci Noro!

  8. Laïla Laïla

    Perte de repère: sont-ils comédiens ou le terme « arlequin » désigne ici un héros ?
    (rappel du terme comédien dans le paragraphe, est ce une pièce de théâtre ?)
    démenti par la suite par la réplique de Gentillet.

    « Sa mâchoire de lui mord la langue » ? Faute de frappe ou…?
    On a l’impression que la nouvelle s’arrête là, avec la mort/déchéance de Mandragora.

    Je trouve le récit un peu bancal, beaucoup de dialogues mais peu d’éclaircissements. On ne sait pas à quoi on assiste, un crime ? une pièce de théâtre ?

    • Nicolas BONIN Nicolas BONIN

      Oui faute de frappe! Je corrige. Merci

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